Nouvelle heure de réveil, nouveau trajet, nouvel hôpital, nouveau service.
Tout nouveau tout beau.
Nouvelle équipe, nouveaux collègues, nouveaux patients (en terme d'âge surtout !).

    Accueil habituel dans le service avec présentation de l'équipe, des locaux, de l'emploi du temps...
Puis accueil habituel dans l'hôpital de l'ensemble des internes de toutes les spécialités confondues. Toujours des mots chaleureux, plein d'espoir et d'avant-goût de bonnes choses à venir. Des présentations de chefs de service, des administratifs de l'hôpital...
Beaucoup de bla-bla, parfois utile.
Je suis naïve, mais tous ces rituels me plaisent bien. Je me sens réellement accueillie, un vrai accueil que t'as que quand t'es interne, parce qu'en tant qu'externe, rarement tu as ce genre d'attention... c'est plutôt "bonjour, mais vous êtes qui ??" alors que toi et tous tes collègues thrombosez les couloirs.
Je me sens chouchoutée. J'ai l'impression que l'ensemble du personnel médical, paramédical et administratif a envie de débuter leur relation avec nous du bon pied, de partir sur des bonnes bases de communication et de bonne entente. Ils sont tous présents ; du directeur de l'hôpital, en passant par la pharmacienne, et aussi par le responsable de la sécurité incendie, sans oublier le chef de service de réanimation.
Tout ce beau monde réuni pour nous, pour nous souhaiter la bienvenue dans ce nouveau terrain de jeu pour 6 mois !

    Des paroles en l'air ?
Non, je n'en ai pas l'impression. Sûrement ma naïveté qui se manifeste encore...

    Mon chef de service a évoqué durant son discours la particularité de notre statut.
Dans le sens psycho.
A nous de passer de l'autre côté du miroir, de basculer dans le côté obscur, et de se retrouver allongé sur le divan.
Il paraîtrait, selon certaines études (qu'il faudrait que je cherche, par exemple), que les internes sont réputés pour être une "population fragile". A cause du côté ambigu de notre profession, à la fois étudiant imberbe et médecin aguerri. Tantôt en formation, tantôt en pleine responsabilité face au patient. A cause principalement de notre emploi du temps, avec la succession des gardes et le manque de sommeil.
J'ai trouvé ça sympathique de sa part.
Je ne sais pas si je dois me considérer comme "fragile", mais au moins ça m'a fait du bien qu'on me dise que ce que je fais n'est pas tous les jours évident. Je sais bien que c'est con comme sentiment, mais une fois de temps en temps, qu'on me reconnaisse au moins ça, c'est déjà énorme.

    Mon stage a l'air très bien. Je ne peux m'étendre plus que ça, car pour l'instant, je n'ai pas encore vraiment mis le pied dedans.
On verra ça demain, avec une première garde pour se mettre en jambe.
Il faudra simplement que j'explique à mes patients de me ménager, car je suis encore une petite chose fragile...