Plein d'enfants, plein de motifs de consultation, beaucoup de diagnostics différents.
Une population très vaste, avec des âges s'étendant sur 18 années, avec pas mal de points fondamentaux changeant selon l'âge.

    Un nouveau-né de 6 semaines consultant pour détresse respiratoire que nous emmenons au déchocage après avoir réfléchi pendant quelques minutes... Je l'ai dans les bras au moment où l'infirmière lui prélève le bilan et installe la perfusion, et je le sens faiblir et même faillir près de moi.
Je cours appeler ma chef, et nous partons l'installer au déchoc après qu'il ait fait un épisode de cyanose diffuse...
Comme ça semble déplacé une déchoc pour un être aussi minuscule ! Il ne tenait même pas sur le brancard, on a dû le coincer avec des draps pliés pour le faire tenir en position à peu près assise.
Un scope, des aspirations répétées au milieu des cris et des pleurs, et des aérosols d'adrénaline.
J'ai appris énormément de choses en peu de temps, sur un domaine que j'espère n'avoir que très peu à affronter : la réanimation néonatale.
Une bonne bronchiolite bien sévère, avec un bébé qui est sorti à peine 5 jours plus tard, se portant comme un charme...
C'est ça l'avantage avec les enfants : quoi qu'ils aient, ils guérissent toujours à la vitesse de la lumière comparés aux adultes.

    Un adolescent de 15 ans, autiste, peu suivi d'un point de vue médical, amené par sa mère pour crise d'agitation avec violence extrême (il a tout cassé à la maison). La mère a dû appeler le SMUR qui lui a administré 3 ampoules de Loxa-bip et un autre médicament myorelaxant.
Il dort, j'avoue que j'ose à peine le réveiller pour l'examiner.
Et s'il se réveille et qu'il présente à nouveau une crise d'agitation, malgré tout ce qu'il a reçu ? Il est grand et baleze pour son âge, situation pas évidente...
Il a reconsulté le lendemain pour un syndrome extra-pyramidal du feu de dieu, à cause de la dose de cheval de médicament qu'il avait reçu...
Beaucoup d'interrogation et de réflexion avec ce cas, parce que je n'ai jamais été sensibilisée à la prise en charge de l'autisme chez un adolescent.
La mère semblait désemparée, ce qui est parfaitement compréhensible... mais vers qui se tourner dans sa situation ?

    Une petite fille de 4 ans qui vient parce qu'elle a mal au ventre et qu'elle a vomi à plusieurs reprises. Elle a été traitée pour une infection pulmonaire en ville et est toujours sous antibiotique.
Mon externe va l'examiner en premier, puis vient m'en parler.
Elle a été opérée à J2 de vie d'une atrésie du grêle, et reprise une semaine plus tard. Elle a déménagé depuis, et n'a plus été suivie sur ce plan.
Je vais la voir et trouve une petite fille prostrée, en chien de fusil, douloureuse et le teint gris.
Branle-bas de combat : pose de perfusion, bilan complet, avis chirurgical et surtout hospitalisation.
On a l'hospitalisation facile en pédiatrie, parce qu'on a souvent des places, vu que la durée moyenne de séjour avoisine les 3 jours en moyenne... (on reparlera après des cas particuliers comme l'anorexie, ou la maltraitance, au choix...)
Résultat : une pancréatite monstrueuse avec une lipase à 3000 ! (désolée, je n'avais pas vu un tel taux, même chez des vieux adultes alcooliques...)
Elle va tout de même beaucoup mieux, et court partout dans les couloirs.

    Il y a de la vie en pédiatrie ! Il y a parfois de l'action, et il faut être beaucoup plus réactif et rapide qu'avec les adultes.
Si c'est une mamie de 80 ans qui fait un arrêt, on se précipitera peut-être un peu moins que s'il s'agit d'une gamine de 3 ans...

    Une jeune adolescente de 12 ans qui consulte lors d'une de mes gardes vers 22h pour une histoire assez étrange. Elle est adressée par SOS médecin pour un tremblement du bras droit depuis l'après-midi même.
Elle raconte qu'elle était en cours de sport, qu'elle a eu des céphalées progressives, puis qu'elle est tombée. Elle a eu alors un tremblement des 2 bras, cessant à gauche mais persistant à droite.
Elle n'a plus mal nulle part lorsque je la vois, et présente un tremblement du bras qui semble volontaire et contrôlé. Quand elle se concentre pour faire quelque chose, celui-ci disparaît. Il y a même des horaires où le tremblement s'arrête, puis reprend !
L'examen neurologique est normal.
Je l'ai fait sortir, en lui disant de reconsulter son médecin si le symptôme continuait. Elle a reconsulté le lendemain soir aux urgences, où là elle a été gardée pour avoir un avis pédo-psychiatrique en + d'un bilan somatique minimal.
Pour l'instant, tout revient normal. On attend la consultation psy avec impatience...

    Un nourrisson de 4 mois que j'ai vu un samedi matin pour une histoire aussi bizarre. Le père raconte que la petite aurait fait un épisode de malaise hypotonique au retour de la crèche, avec des vomissements qui ont suivi.
Je demande une échographie abdominale pour le jour même pour rechercher une invagination intestinale aiguë, même si le tableau n'est pas franchement typique. Elle revient normale.
Depuis 10 jours qu'elle est hospitalisée, elle présente toujours des épisodes d'inconfort avec vomissements, qui semblent positionnels (lorsque ses parents la prennent dans les bras), alternant avec des périodes où elle est bien, éveillée et souriante.
Des examens sont encore prévus pour elle, mais je ne la suis que de loin...

    Population très hétéroclite que celle des enfants.
Très enrichissante aussi.