J'entame déjà ma septième semaine chez mes praticiens en ville. Je commence tout juste à trouver enfin mes repères, à me forger une petite place dans cet univers assez solitaire qu'est l'exercice libéral.
Je n'ai jamais mis autant de temps à m'habituer à un service. Après tout, l'hôpital ressemble à l'hôpital : un service hospitalier n'est plus vraiment nouveau quand on a passé le plus clair de son temps depuis des années à l'hôpital.
Mais la ville, c'est un milieu inconnu. Des pratiques différents, un exercice solo et étranger à tout ce que j'ai pu connaître auparavant. Il ressort de cela un petit côté frustrant... avoir la sensation de ne rien savoir après 8 ans d'étude !
Le rôle de l'interne, essentiellement observateur, est un peu simpliste au début.
On a l'habitude de tout faire dans nos expériences précédentes aux urgences, c'est-à-dire de gérer les patients de A à Z. Et là, on se retrouve au second plan, assis sur une chaise un peu à l'écart de la consultation, mutique et étudiant tout ce qui se passe devant nous.


    Mais après cette longue période de tâtonnement, je commence à m'installer confortablement, à faire mon petit nid.
Il n'est jamais trop tard ! C'est là enfin que je touche du doigt mon vrai futur métier.
Pas de grosse surprise, j'adore.
Il faut néanmoins que je mette les bouchées doubles côté travail personnel, car il faut que je réapprenne tout ce que j'ai ingurgité ces dernières années, pour tout assimiler du point de vue du généraliste. Les cours que j'ai travaillé ne sont pas toujours bien traités pour un médecin de premier recours, et c'est très dommage. Il faut que je malaxe tout ce petit savoir dans mon cerveau pour devenir un bon médecin de proximité.
Mais je ne vois pas le temps passer, que je sois en face des patients en consultation, ou bien que je sois face à mes cours, que je retravaille à ma façon, pour moi. Pas pour des partiels, ni pour l'ECN. Juste pour moi, et mes patients.

    Petit à petit, l'oiseau fait son nid...

    (Pensée à tous ceux qui ont passé l'ECN et qui vivent maintenant une merveilleuse période de relâchement !)