25 novembre 2009
Régime barquette
Et une garde, encore une !
Un poil moins de passages que durant le week-end, mais il y a toujours des motifs aussi surprenants : une douleur de cheville sans notion de traumatisme (un brillant diagnostic de maladie d'Osgood Schlatter pour les curieux), une colique salivaire à 2h du matin, un épisode d'hypothermie à 34° chez un nourrisson traité pour une fièvre depuis dimanche... et toujours des histoires merveilleuses de vomissements depuis cette nuit, de toux, de fièvre...
Et toujours des parents anxieux, des parents agressifs parce qu'ils ont attendu et/ou parce qu'ils ont vu un ou plusieurs enfants passer devant le leur... On a beau rester calme, et leur expliquer qu'il existe différents degrés d'urgence, et qu'ils ne peuvent pas juger en voyant simplement l'enfant leur passer devant, c'est toujours dans le vide. Incompréhension totale. Du moment qu'il s'agit de leur mioche, tout le reste paraît moins grave.
L'autre jour, on a eu un nouveau-né de 6 semaines atteint d'une bronchiolite très sévère en détresse respiratoire aiguë, et nous l'avons emmené au déchocage pour s'occuper correctement de lui. Je laisse ma chef au déchoc pour continuer les "consultations" aux urgences. Un père me prend la tête et me parle à la limite de la politesse parce que ça fait 2h qu'il attend avec sa fille de 4 ans qui a vomi ce matin. Perdant patience, je m'enflamme un peu et lui explique qu'il y a eu une réanimation d'un nouveau-né, et qu'évidemment cela nous a pris beaucoup de temps.
Silence.
Puis il me regarde, impassible : "et alors ?"
Alors, rien. T'as raison, parle-moi mal, parce que c'est évident que ta fille est à l'article de la mort.
En journée, j'arrive encore à gérer mes pulsions agressives verbales.
La nuit, à 3h du matin, enchaînant 2 gardes en 3 jours, j'avoue que là, ma patience m'a déjà quittée depuis un bon bout de temps.
J'ai failli lâcher le morceau, je sentais le sang affluer mes joues et noyer mon cerveau de colère, mais pourtant j'ai tenu bon. Au prix d'un effort inconsidérable, je n'ai pas hurlé, contrairement au père en face de moi, qui se prenait pour une victime de racisme, en me disant qu'on avait "jeté" sa fille et lui-même sur un banc au fond de la salle d'attente, et que pendant qu'ils attendaient sagement, l'infirmière d'accueil avait fait exprès de faire entrer en douce une centaine d'enfants arrivés après eux.
J'ai tenu bon, je me suis raccroché au dernier fil me liant à la raison, et je n'ai pas explosé.
Je lui ai répété qu'il y a plusieurs urgences, que ce n'est pas toujours facile de comprendre pourquoi l'enfant arrivé après eux a la chance extrême de pouvoir entrer dans un box, mais que c'est comme ça, qu'il faut patienter jusqu'à ce que son tour arrive.
Je suis assez fière d'avoir tenu bon. Ce cher monsieur a bien ébranlé la machine, mais je suis restée solidement ancrée et sûre de moi, calme et professionnelle.
Une phrase de plus, je lui aurai rendu le carnet de santé de sa fille et j'aurai claqué la porte du box...
Encore une garde où j'ai mangé les délicieuses barquettes de l'hôpital. Je suis abonnée depuis le début au poisson pané-purée.
Voilà peut-être pourquoi j'ai perdu quelques grammes depuis mon arrivée dans le service...
13 octobre 2009
...
J'aime pô les veilles de choix de stage, je suis toujours super stressée...
Je suis sans cesse en train de guetter sur le site de la DRASS les postes "encore" disponibles pour moi...
Je n'imagine même pas ceux qui choisissent après moi, je suis déjà en train de développer mon ulcère à l'estomac !
On verra demain, on croise les doigts pour avoir ce que je veux, ou du moins un stage qui y ressemble...
30 septembre 2009
Une journée, comme ça...
Une journée qui débute comme tant d'autres auparavant, et comme tant d'autres qui se profilent à l'horizon.
Arrivée dans mon service à 9h, enfilage de l'habit blanc immaculé et hop, c'est parti.
On commence sur un rythme plus soutenu que d'habitude, avec un staff très motivé, et des chefs (une particulièrement) qui a envie de faire sortir tous les patients aujourd'hui.
Mmh, ok, mais on va peut-être pas vider tout le service en une fois, si ? Surtout qu'il y a des jours où personne ne sort... Va comprendre la machinerie hospitalière.
Et un petit compte-rendu dicté à l'arrache en 5 minutes pour une patiente qui sort en maison de repos. A peine quelques erreurs !
Découverte des nouveaux patients.
Normalement, ça va vite... euh non, avec moi, jamais. Je prends toujours vachement de temps, et je ne me base pas entièrement sur les observations précédentes, pour la simple et bonne raison que je sais très bien ce que donne une observ' faite à la va-vite en fin d'après-midi. Des imprécisions, des oublis... ce qui est tout-à-fait compréhensible, et on est tout de même sensés vérifier et compléter le lendemain.
Et hop ! un banal syndrome infectieux qui se transforme au fur et à mesure de la relecture du dossier en syndrome malin des neuroleptiques ! Un diagnostic que je ne connaissais qu'en théorie, et qui m'a fait appeler le réa par mesure de précaution.
Puis on enchaîne, la routine.
Les patients hospitalisés qui posent des différents problèmes : le problème pour lequel ils sont entrés (ce n'est pas la majorité), les problèmes qu'on a découvert en explorant le problème pour lequel ils sont entrés (plus nombreux), et les problèmes apparus secondairement pendant l'hospitalisation (la majorité).
Les patients qu'on aime bien, et pour lesquels on accepte de perdre du temps à discuter ; et ceux au contraire dont la tête ne nous revient pas, sans comprendre vraiment pourquoi, mais qu'on rechigne à aller voir chaque matin.
Puis déjà 13h, la visite à peine achevée, on enchaîne avec un cours "dispensé aux internes", soit disant obligatoire...
Puis l'après-midi, avec la fameuse CV (comprenez contre-visite, pour voir les entrants de l'après-midi).
Les entrants, les dossiers, les familles à rassurer et à gérer...
Et la dernière entrante qui monte à 17h50 alors qu'on l'attend depuis 16h, et que je dois descendre aux urgences dans 10 minutes... Eh, comment je fais moi ?
18h. L'heure du drame. Boum boum. Boum boum. Le coeur qui s'emballe juste ce qu'il faut pour nous mettre en alerte, nous faire sécréter suffisamment d'adrénaline pour se motiver.
Le couloir de la mort... plein de patients allongés sur les brancards, plein de brancards dans tous les couloirs. Le bordel, quoi.
Les patients arrivés à 14h qui n'ont pas encore été vus. Ceux du matin, ceux de la nuit et ceux de la veille, qui sont toujours aux urgences faute de places disponibles.
Un patient, en soins palliatifs pour un cancer du foie qui vient pour avoir une ponction d'ascite, parce qu'il a du mal à respirer. Il me réclame ses traitements pour le lendemain, parce qu'il n'a pas la sécu. J'hésite, il y a pas mal de stupéfiants, et je ne sais pas pourquoi, mais je ne suis pas à l'aise. Je sens que tout n'est pas si limpide que ça, et qu'il me roule gentiment et poliment dans la farine.
Heureusement, on n'a pas tous les médicaments dans l'hôpital, chouette j'ai mon excuse.
Une jeune fille de 18 ans qui consulte pour la 3e fois en 4 jours pour céphalées.
Elle a l'air bien, elle n'a pas l'air de somatiser donc il faut pousser les investigations.
Pas de fièvre, personne ne croit à la méningite mais on va faire la ponction lombaire quand même, parce qu'on sent tous que quelque chose cloche, sans arriver à expliquer quoi.
Bingo ! 900 éléments, dont 90% de lymphocytes. Une jolie petite méningite virale.
Une gentille mamie qui vient pour avoir chuté chez elle et avoir passé la nuit au sol. Le pain quotidien des urgentistes. C'est toujours horrible à entendre, pourtant si difficile de juger. Que celui qui appelle sa grand-mère tous les jours, ou qui rend visite à sa voisine chaque jour fasse un signe !
L'isolement des personnes âgées est délicat à appréhender.
Alors on passe au-dessus, histoire de ne pas se faire bouffer par chaque patient. Sinon, on ne tiendra pas longtemps.
Une rhabdomyolyse en bonne et due forme, traitée par une perfusion magique, et ça repart !
Plein d'autres patients, plein d'autres exemples, plein d'avis dans les étages pour tout et n'importe quoi.
Pas de dodo.
Et le chef du lendemain matin qui m'agresse sur une prescription faite par un autre médecin la veille, et que je n'ai pas eu le temps de corriger.
Comment dire... aucune envie de m'expliquer, ça me passe au-dessus. Si tu as envie de gueuler sur moi, fais-toi plaisir. Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit, j'ai enchaîné sans réussir à me poser avant 5h50 du matin, mais t'as raison, passe tes nerfs sur moi dès 9h du matin.
C'est toujours sympathique, les transmissions du matin. Surtout avec des gens qui ne conçoivent pas qu'on fasse des conneries en plein milieu de la nuit, et qu'ils sont là pour compléter notre prise en charge, voire parfois corriger.
Enfin, 9h50, je quitte l'hôpital.
25h que j'y suis. Un seul vrai repas. Et beaucoup de patients.
Retour à mon home sweet home. Une bonne douche, un second vrai repas... et ça repart. Pas le temps de me poser plus d'une heure.
Je repars à ma fac pour une journée de cours. A peine fatiguée...
Puis enfin, je m'écroule. Sans crier gare, sans réussir à dire ouf.
Une bonne journée de 39h, comme j'en ai parfois, et heureusement pas trop souvent.
Et même si elle a été dure par bien des côtés, je suis toujours heureuse de l'avoir vécue, parce que j'ai encore appris plein de choses : pour mon métier, sur les patients, et surtout sur moi, sur ma capacité à résister au choc, à mes réactions parfois impulsives et non contrôlables quand je n'ai ni mangé ni dormi depuis un bon bout de temps.
Juste une journée, comme ça...
01 août 2009
Hommage
La fenêtre de ma chambre ensoleillée
S'ouvrait sur de légers nuages de lumière baignés.
Le petit lac tranquille au pied des peupliers
Dès l'aube accueillait, des cygnes majestueux
La danse immaculée...
Sans ennui je jouissais des jours ainsi donnés
Par une providence rare, guidant ma destinée
Etais-je né coiffé ?
Vrai, dans votre hôpital, je fus très bien traité :
Merci à l'administrateur
Qui sut choisir un excellent traiteur,
Pour des menus succulents et variés.
Merci aux aides-soignantes
Aimables et prévenantes.
Merci aux infirmiers et infirmières
Dont les soins furent "de première".
Merci aux internes et aux médecins chevronnés
Qui font le plus beau des métiers.
Merci pour leur écoute et pour leur compassion
Ils se donnent aux autres avec une vraie passion.
Je vous quitte aujourd'hui et je pars sans espoir de retour
Mais au seuil du grand départ où chacun arrive un jour
Je voudrais vous dire le grand plaisir
De vous avoir connus un peu, trop peu mon Dieu !
Et vous souhaiter du fond du coeur
A chacun d'entre vous réussite, et bonheur.
18 juin 2009
Y'a des jours comme ça...
Les jours s'enchaînent et ne se ressemblent pas. Du moins, les patients ne se ressemblent pas.
Ma routine est la même chaque matin, et j'avoue que je préfère de loin le rythme des urgences, qui me permettait d'avoir une journée entière à moi une fois de temps en temps.
Là, dans un service de médecine, je suis obligée d'être présente chaque matin. Certes, je peux sortir tôt parfois, mais néanmoins je ne suis pas du matin. C'est tout.
Des patients, en veux-tu en voilà, des entrants, des sortants, chaque jour. Des visites, des contre-visites, des gardes et des astreintes. Et on réenchaîne tous les jours.
Des gens différents, des pathologies différentes ou semblables, mais toujours vécues différemment. Des familles, des contextes, des conclusions différentes. Toujours avec le même degré d'émotion de votre dévouée jeune interne qui n'a toujours pas compris le mot "distance".
Et qui est fatiguée ce soir.
Fatiguée de cette routine que j'effectue chaque jour.
Fatiguée de l'enchaînement de ces patients et de ces maladies qui changent chaque jour.
Fatiguée de vivre l'hospitalisation avec chacun de mes patients.
Fatiguée, tout court !
Aujourd'hui, je suis de CV. Pas trop de sortants, je suis soulagée, ça me fera pas trop d'entrants à gérer dans l'après-midi.
Des familles à informer, rassurer et éclairer.
Des patients qui vont un peu moins bien, ou qu'il faut surveiller d'un oeil attentif.
Des nouveaux à apprivoiser, avec leur parcours à retracer, celui qui les a amené ici.
Des comptes-rendus à dicter, encore et toujours, au travers de ce magique instrument qu'est le dictaphone.
Et puis il y a lui, Mr M., 82 ans, mon dernier entrant.
Insuffisant rénal chronique terminal, qui vient pour pneumopathie et prostatite qui ont décompensé ses reins déjà fragilisés.
Et le petit-fils qui vient m'agresser dans mon poste de soins, dans mon havre de paix, là où normalement les gens sans blouse restent dehors, là où je peux rester tranquille.
Et qui me dit fébrilement que son grand-père veut mourir chez lui. Mourir chez lui. C'est tout.
...
Je soupire en me disant que je ne vais pas arriver à aller le voir, celui-là. Pas envie de me confronter encore à une histoire triste, et à me faire kidnapper par une famille avide de questions.
Et pourtant je n'ai pas le choix.
Je ne peux pas imaginer faillir à mon rôle, surtout pas maintenant, surtout pas pour eux. Au contraire. C'est dans ce genre de situations où je dois tout maîtriser. C'est là qu'on a besoin d'un vrai docteur, pas d'une loque émotive dégonflée.
Alors je me regonfle, et j'y vais. J'écoute la famille, j'écoute le patient. Je ne tremble même pas. Je compatis, je suis touchée par leur message qui est ô combien recevable. Puis je parle, j'explique qu'il faut encore quelques jours histoire de tout mettre en place. C'est un réseau, il faut que tout soit fait dans de bonnes conditions afin qu'il parte tranquille.
C'était facile, finalement. Il faut savoir rester professionnel, comme je n'arrête pas de le dire.
N'empêche, je suis super fatiguée. Et puis enchaîner les visites avec des gens qui me sortent qu'ils veulent mourir chez eux, pas tous les jours, ce serait sympa pour le moral.
Y'a des jours comme ça...
04 mai 2009
Encore...
Et c'est parti demain pour une 3e garde en 10 jours...
...
03 mai 2009
Une page se tourne...
... et une nouvelle débute demain !
Je suis très triste de quitter mon premier service, là où j'ai fait mes débuts d'interne. Et en même temps, je suis impatiente de découvrir une nouvelle équipe, une nouvelle façon de faire, un autre rythme, des nouveaux patients...
Un retour aux sources. Un nouveau début, une nouvelle page qui s'ouvre devant moi, vierge, et qui ne demande qu'à être remplie jour après jour.
Il faudra s'acclimater au service, gagner la confiance et la sympathie de l'ensemble de l'équipe médicale et paramédicale, découvrir les habitudes et les protocoles...
Tout refaire. Et ce sera la même chose tous les 6 mois. Un "reset" semestriel. Repartir du début à chaque fois, réussir à tout se mettre dans la poche, patients comme collègues.
J'ai fini aux urgences vendredi matin. Ma dernière garde... très bon souvenir. Super ambiance avec l'équipe, avec laquelle on avait prévu une bouffe. Un pur moment de franche rigolade, au milieu des patients qui se demandaient pourquoi on n'arrêtait pas de se faire doucher... C'est sûr qu'un couloir d'urgence n'est pas un lieu approprié pour des jeux de cour de récréation !
Et ce soir... plusieurs sentiments se mélangent. J'essaie de faire bonne figure, mais honnêtement je suis morte de flip. J'ai hâte aussi, je suis sûre que tout se passera bien mais... ça ne m'empêche pas d'appréhender fortement ce premier contact.
Que des nouvelles têtes, un nouvel environnement... et moi, qui arrive timidement avec mon minuscule bagage de 6 mois.
Tout le monde m'assure que mes gardes se passeront super bien, étant donné qu'après 6 mois aux urgences, je suis rôdée.
Mmmh oui, mais non. Je ne me sens absolument pas "rôdée", je me sens aussi nulle qu'au début. En fait, j'en sais rien.
Trop de sentiments qui s'entrechoquent dans ma petite tête...
Un bon gros dodo s'impose pour avoir les idées claires demain.
On verra bien.
Une nouvelle page s'ouvre devant moi...
28 avril 2009
Ambiance nocturne
J'aime bien l'ambiance des urgences la nuit. Peut-être que je dis ça parce que je connais le fonctionnement du service le jour.
La nuit, tout devient différent.
Au changement d'équipe à 19h, on sent un vent nouveau.
C'est la nuit.
Ce n'est pas que ça se calme, parfois loin de là. C'est juste que l'atmosphère est plus apaisante. A une certaine heure, tout devient moins dense.
Comme si tout se ralentissait soudainement.
Les heures passent, les patients sont fatigués tout comme l'équipe soignante, les gens baillent. On m'excusera même de m'assoir dans le box pour interroger mon patient, parce qu'à partir d'un certain moment, je suis un peu à côté de mes pompes.
Tout devient plus intimiste.
Il y a de moins en moins de bruit.
On va installer les patients qui restent pour la nuit dans des box libres, en éteignant la lumière, histoire qu'ils puissent bénéficier d'un minimum de repos.
C'est très crevant d'enchaîner 24h, mais chaque nuit je me fais la même réflexion : je comprends les infirmières qui ne souhaitent bosser que la nuit.
Tout change... Je n'arrive pas à trouver les mots exacts, mais c'est toute une atmosphère, tout un univers qui se révèle différent du jour.
Quand je traverse les couloirs déserts de l'hôpital pour aller donner un avis, ou pour faire un constat de décès, c'est à cet instant précis que je sens à quel point tout diffère.
Personne.
Je n'entends que mes propres pas, qui viennent atténuer ce silence.
La nuit emplit les baies vitrées, et quelques étoiles semblent éclairer les voitures garées sur le parking.
Un sentiment d'importance vient tout à coup : je suis l'un des médecins de la nuit. Si mon chef dort, et que mon co-interne est également parti se coucher, je me sens utile.
Bon, certes, je mets de côté un instant mes collègues de chirurgie et de réa, mais bon, ce ne sont pas eux qu'on appelle en premier dans les services...
J'ai acquis de l'expérience en 6 mois, et peut-être même ai-je un peu plus confiance en moi. Je me demande néanmoins toujours si je peux paraître crédible auprès des patients, des familles, des équipes soignantes...
Dans une semaine, je serais interne de 2e semestre.
Je découvrirai une nouvelle ambiance de nuit, dans un autre hôpital.
J'ai l'impression que je retrouverai le même sentiment agréable que j'ai ressenti toutes les nuits où j'ai bossé.
Comme si le temps s'arrêtait, et que tout devenait plus léger.
Comme dans du coton.
17 avril 2009
Snif, ça sent la fin...
Plus que 2 semaines et j'aurais validé mon premier semestre.
Plus que 2 semaines et je quitterais ce stage... où j'ai fait mon petit nid douillet dans lequel je me suis tranquillement installée, et que je vais devoir abandonner pour en former un nouveau dans un nouveau service, avec une nouvelle équipe, une nouvelle ambiance...
Tout est à refaire, tout est à reconquérir.
C'est marrant comme challenge, mais flippant.
Et j'ai pas envie de quitter cette ambiance et cette équipe à laquelle je me suis finalement tant attachée.
Mais... ça sent la fin.
Evaluation par le chef de service.
Ce point-là annonce définitivement la fin du stage.
Des points positifs de sa part, et des points positifs de ma part. Très peu de choses à redire, même s'il y a sûrement des détails à changer afin que tout fonctionne parfaitement.
De mon regard à moi, je ne trouve que quelques infimes minuscules points à revoir.
Il me félicite, et me lit l'évaluation faite par mes chefs.
C'est sympa, et ça me fait chaud au coeur. Je me dis que tout a été réciproque, on a tous apprécié travailler avec les uns et les autres.
Un mot revient souvent dans les commentaires de mes chefs : "souriante". C'est con, mais ça me fait plaisir. C'est toujours plus sympa de bosser dans une ambiance détendue. En tout cas, moi j'aime bien.
Je sors ce matin-même d'une garde... comment dire... assez calme point de vue patient, mais très agitée point de vue personnel des urgences.
C'était la dernière garde de mon co-interne, et les infirmières ont monté un complot contre nous. Vol de matelas, bataille de serum phy dans toutes les urgences...
On a bien rigolé. Pas trop dormi, mais en tout cas bien rigolé.
C'était très cool, bonne ambiance et bonne humeur.
Snif...
19 février 2009
Cool Raoul...
Journée entière de 24h, au SMUR d'une part, et aux urgences d'autre part.
Pas un seul coup de fil du SAMU, donc aucune sortie pour la journée ! Je n'avais jamais connu une période aussi calme au SMUR... ça fait du bien. La journée a paru longue par moments, mais finalement, je me suis bien reposée avant ma garde aux urgences.
Pas un seul patient entre 2h et 6h30 du matin ! Hallucinant, je n'avais jamais vu cela aux urgences ! Résultat, une nuit quasi normale, sans être surchargé de travail.
Seul hic : réveil pour un constat de décès, avec obligation de prévenir le fils du patient... gloups... N'ayant jamais fait cela, ce n'était pas très évident.
Difficile de trouver les mots, difficile d'appréhender les réactions du fils, en sachant que je ne connaissais pas son père et que je n'ai pas pu trop le rassurer.
J'ai essayé de m'imaginer à sa place, tentant de me demander ce que j'aimerais que le médecin à l'autre bout du fil me dise.
Devient-on meilleur dans ce genre de circonstances avec l'expérience ? Pas sûr.
Des 24h comme celles-ci, j'achète de nouveau, quand vous voulez !
