L'internat en général...

Chroniques hospitalières d'une jeune interne en médecine générale à Paris... fini l'externat, bonjour les dégâts !!

13 octobre 2009

...

    J'aime pô les veilles de choix de stage, je suis toujours super stressée...
Je suis sans cesse en train de guetter sur le site de la DRASS les postes "encore" disponibles pour moi...
Je n'imagine même pas ceux qui choisissent après moi, je suis déjà en train de développer mon ulcère à l'estomac !

    On verra demain, on croise les doigts pour avoir ce que je veux, ou du moins un stage qui y ressemble...

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31 mai 2009

Un gros "merde"...

    En cette période difficile, je souhaite de tout coeur beaucoup de courage, de chance et de réussite à tous ceux qui passent l'ECN dans 3 jours...

    Je n'ose me rappeler l'état de stress dans lequel j'étais plongée quelques jours avant le jour J.
Je pense que j'étais sous une telle pression, qu'au final j'étais dans un état second et que j'étais limite sereine.
Bientôt la fin !
Bientôt la libération !
Bientôt l'été, avec ma récompense, qui était mon voyage à Dakar...

    Punaise, déjà un an que je suis partie en Afrique...

    Chers D4, je vous dis un grand "merde", et quoi qu'il se passe, sachez que vous serez heureux quoi que vous fassiez.
Croyez-moi.
Enfin du concret, enfin des responsabilités, enfin un vrai exercice de la médecine. On réfléchit devant le patient, et moins sur des bouquins et autres cas cliniques qu'on a rabâché sans cesse depuis des mois.
On se sent enfin impliqué dans la prise en charge des malades, les gens nous appellent "docteur" quand on entre dans la chambre...
On a trop souffert de pression, de stress, et autre en préparant l'ECN. On en a oublié l'essentiel : on veut devenir médecin. Et qu'on soit généraliste, pédiatre, chirurgien ou néphrologue, on fera de la médecine. On s'occupera de patients, on sauvera des vies, on apportera notre maigre participation pour faire avancer les choses.

Et n'oubliez pas qu'on a toujours le choix.

Enfin, partez à l'autre bout de la planète après ce fichu concours !

    Que Dieu soit avec vous, Inch'Allah !

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30 mars 2009

Choix de stage, deuxième partie

    Aujourd'hui, moment très stressant et très angoissant pour tout étudiant en médecine, qu'il soit externe ou interne : le fameux choix de stage hospitalier.
Déjà, pour mes stages d'externat, j'arrivais à me ronger les sangs sur mon futur terrain professionnel, alors que j'étais loin de jouer ma vie et mon avenir... Et pourtant, j'ai réussi à avoir toujours ce qui m'intéressait, ou presque toujours.

    Pour mon premier stage, je suis ravie et ne regrette absolument pas mon choix. Évidemment, avant de choisir, j'étais super angoissée, alors que j'avais préparé une liste infinie de stages par ordre de préférence !
Aucun regret pour mon stage d'urgence.

    Et me revoici aujourd'hui, sortant d'une garde atroce où je n'ai pas fermé l'oeil une minute, pour de nouveau aller m'enfermer dans les sous-sols de la DRASS pour choisir mon deuxième semestre.
Rien qu'à entrer dans la salle, on sent une tension indescriptible, comme si chacun jouait sa vie lors de ce choix.
En même temps, on pensait avoir plus de choix, ou du moins, plus de postes dans certains stages. Les semestres avant nous ont choisi probablement les stages les plus intéressants, et nous, jeunes semestres tout neufs et tout stressés, nous prions pour que ceux classés avant nous choisissent un terrain de stage à l'autre bout de l'île de France...
D'ailleurs, j'ai été étonnée et agréablement surprise de constater que ce ne sont pas toujours les stages de Paris intra-muros qui partent en premier. Pour ma part, chacun connaît mon avis, depuis que j'ai goûté aux hopîtaux périphériques !

    C'est un moment particulier de nos études, ce choix de stage. C'est comme une gigantesque loterie, un immense loto, où chacun note fébrilement sur ses cahiers le stage qui vient d'être choisi.
On barre les stages où tout a été pris, on diminue les postes dans les autres stages, et surtout, on continue de prier irrationnellement pour celui qu'on vise comme le messie soit boudé par l'ensemble de nos collègues.
   C'est étrange, parce que dans 90% des cas, les gens sont heureux de leur stage. J'ai toujours été convaincue qu'une évaluation de stage ne dépend que des étudiants qui y ont été, et que c'est nous en y allant, qui fabriquons nous-mêmes l'ambiance et le sentiment d'être bien dans ce stage. Il suffit d'un zeste de motivation, agrémenté de bonne humeur et saupoudré de bonne volonté...

    Un loterie qui décide un peu de nos avenirs, de nos vies. Certes, les stages se valent à quelques détails près, mais je me plais à croire qu'une rencontre dans un stage peut encore bouleverser nos jeunes carrières. Un gériatre passionné par ses patients, un infectiologue amoureux de ses microbes, un urgentiste toujours d'attaque, un nutritionniste motivé...
J'ai la chance d'avoir une panoplie de spécialisations devant moi, et je dois avouer que certains jours, je me pose sérieusement la question de compléter ma formation de généraliste afin de faire plusieurs carrières dans ma vie.
Bien-sûr, mon premier amour vers lequel je reviendrai éternellement est la médecine ambulatoire, en cabinet. Mais pourquoi ne pas vivre plusieurs vies ? Quelques années urgentiste ? Ou alors ajouter un peu d'infectieux à mon bagage médical ? Ou plein de choses encore...

    C'est finalement un pari de choisir tel ou tel stage. Cet instant à la fois redouté et tant attendu nous permet de partir à la découverte d'un nouvel hôpital, de nouvelles équipes, de nouvelles pratiques médicales, et pourquoi pas, d'un nouvel avenir.
Le stress est ainsi de mise !
Je croise les doigts...

18 octobre 2008

Soirée de départ

552383390      Hier soir, j'avais une soirée organisée par plusieurs copines de promo qui partent faire leur internat hors de Paris. La plupart des gens de ma promo étaient là, et c'était sympa de se retrouver pour fêter leur départ.
La question qui résonnait tout le temps durant la soirée : "alors qu'est-ce que tu fais ? tu vas où ?"
Il y a pas mal de personnes qui partent en province, soit par choix personnel, soit par "contrainte" à cause de leur classement ; mais dans l'ensemble on est une petite moitié à rester sur la capitale.

    Tout le monde avait l'air content de son choix, ce qui me conforte dans l'idée qu'arrivé à un certain niveau de notre cursus, on sera heureux quoi qu'il se passe !
Que ce soit spécialité, chirurgie, médecine du travail, gynéco, pédiatrie, médecine générale...
Les plus déçus ont "digéré" leur classement et accepté leur avenir qui s'éloigne un peu du but de départ.

    Une de mes copines part dans le sud faire médecine du travail, et elle avait l'air super contente. Elle m'a expliqué la maquette (c'est-à-dire les stages obligatoires à faire durant son internat) et surtout la multitude d'options qui s'ouvrent à elle pour l'avenir, à savoir travailler dans des boîtes internationales pour voyager dans le monde, ou alors dans un gros labo pharmaceutique pour gagner plein de fric ;), ou tout simplement dans une boîte française, avec ses différentes missions.
Elle a hésité avec médecine générale, mais finalement le nombre de portes ouvertes étant plus important dans la médecine du travail, elle a changé d'avis.

    En tout cas, moi je ne regrette pas mon choix, et face à certains qui restaient sceptiques quant à ce choix libre, je partais dans mon envolée lyrique en expliquant pourquoi cette spécialité était pour moi la plus intéressante et la plus épanouissante. Certes, chacun son avis, mais j'essaie de leur apporter les quelques informations que j'ai pu avoir sur cette filière.

    Et il paraît que mes yeux pétillent quand j'en parle...

Posté par docmarie à 11:57 - Ma vie à côté de la médecine - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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18 septembre 2008

Il faut sauver le soldat généraliste...

    Je me demande finalement dans quoi je me lance. Je n'arrête pas d'entendre partout qu'il faut revaloriser la médecine générale, même Bachelot veut soutenir les généralistes avec ses projets de loi.
Mais que se passe-t-il réellement en pratique dans notre beau pays ?

    Je ne peux pas encore parler de la profession libérale en elle-même, car je deviens tout juste interne. Je pense qu'il y a suffisamment de médecins qui essaient d'alarmer tant bien que mal nos chères institutions.
Moi je peux juste parler à ma hauteur : celle du regard des étudiants en médecine sur la médecine générale. Depuis qu'on est des bébés-docteurs, on vit dans une atmosphère impropre à la médecine générale. On passe notre temps dans des CHU, dans des services de spécialité, avec des spécialistes qui pètent pour certains beaucoup plus haut que leur cul ; et la seule version qu'on peut avoir de ce type d'exercice est celle que les spécialistes nous donnent, eux, alors qu'ils sont bien incapables d'en parler vu qu'ils n'en font pas partie !

    Depuis 2006, il paraît qu'il y a des efforts de fait pour valoriser la filière de médecine générale. Comprendre : faire naître des vocations parce qu'on en manque sérieusement. Seulement, moi, à mon petit niveau de bas d'échelle, je peux témoigner.
Ils sont où, ces fameux stages chez le praticien ? Moi je n'en ai pas vu un seul. Et les postes de clinicat ?? Seulement 8 en 2008 ?? Et combien en spécialité, histoire de comparer ?
Je suis bien consciente qu'il faut du temps pour développer une filière universitaire de cette envergure, mais a-t-on compris que c'était assez urgent ?

    Tout cela pour illustrer le fait que l'énoooooorme majorité des étudiants en médecine qui arrivent au bout de leur externat est absolument indifférente à la médecine générale, et pire encore, prie pour y échapper.
Les quelques vocations qui persistent sont souvent ébranlées lorsque le classement à l'ECN est brillant et permet, finalement, de tenter une spécialité.
Pourquoi tenter l'impossible, quand un avenir qui apparaît plus facile s'ouvre devant nous ?

    L'amphi de garnison représente parfaitement cette idée de presque "dégoût" qui anime les étudiants envers la médecine générale. La majorité des étudiants classés parmi les 1000 premiers préfèrent tenter une spécialité, et rares sont les courageux qui persistent et signent en osant prononcer le mot fatidique "médecine générale".
Ainsi, une bonne moitié (ou les deux tiers, soyons fous) de nos futurs médecins de ville le sera devenue contrainte et forcée, car les résultats à un concours national quelques années auparavant n'auront pas été à la hauteur des espérances.
Comme si on était revenus quelques décennies auparavant, quand les spécialistes représentaient la classe supérieure de la profession, et que les généralistes n'étaient que de simples "officiers de la santé".

 Voir l'émission "Le magazine de la santé" à 21 min environ : http://www.france5.fr/magazinesante/video.cfm?file=http://www.france5.fr/images/emissions/009588/13/magsante_20080917.asx#

    Quel est l'avenir de la médecine générale ? Est-on véritablement lancé sur une pente, jusqu'au crash final ? Quelles solutions-miracle apporter, afin de la sauver, et de susciter des vocations parmi les étudiants ??

    Je ne peux pas me dire que j'ai fait le mauvais choix. Je me vois depuis si longtemps en tant que médecin de proximité, de famille, de confiance. Presque quelqu'un de la famille, finalement.
J'espère juste que l'avenir nous montrera une profession sous de meilleures augures, avec de l'épanouissement pour chaque praticien.

    Une passion, un métier, oui. Un sacerdoce, non.

Posté par docmarie à 19:48 - Réflexions sur la médecine générale - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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L'amphi de garnison

Un de mes potes déguisé en clown lors de l'amphi de garnison 

n781089467_1383590_8266    Et voilà, c'est officiel, j'ai choisi aujourd'hui ! Je vais donc devenir une interne en médecine générale à partir du 3 novembre... mon choix était tout de même clair depuis pas mal de temps, mais voilà maintenant c'est officiel.
L'amphi de garnison est la procédure de choix national pour tous les internes de France, et se déroule à Lognes, en banlieue parisienne (77). C'est pratique pour les parisiens, mais malheureusement notre présence est obligatoire donc chaque étudiant doit y assister ! C'est abusé pour ceux qui viennent de l'autre bout du pays...

    Donc ça se passe dans une grande salle, c'est même pas un amphi ! C'est un peu le bordel niveau organisation, disons que ce n'est pas très clair. Quand on arrive en plein milieu d'une session, il faut quelques bonnes minutes avant de s'y retrouver parmi le monde et le brouhaha ambiant !
Il y a 2 écrans qui récapitulent en temps réel les postes disponibles par région, et le choix instantané de chaque étudiant.
On attend pas mal de temps pour au final passer en quelques secondes donner notre choix définitif concernant notre vie... On y réfléchit depuis des années, on a stressé à cause de l'ECN et de nos résultats, et voilà, en quelques secondes tout se décide !

    Pour ma part, ce n'était pas le choix le plus difficile. J'étais sûre d'avoir un poste, contrairement à ceux qui surveillent le nombre de postes de spécialités qui restent selon les villes... Je suis bien classée dans ma promo de médecine gé, donc j'aurais pas mal de choix concernant mes stages !

    Cela fait quand même bizarre de se dire que, ça y est, c'est fait ! J'y pense depuis des années, mon choix n'a pas été si facile que ça non plus... j'ai beaucoup changé d'avis, j'ai pesé les pour et les contre, j'ai réfléchi à changer de ville... Mais je suis toujours revenue à mon point de départ. Ne serais-je pas passée à côté de ma chance ?...

    L'avenir nous le dira...

Posté par docmarie à 17:08 - Obligations avant l'internat - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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