25 juillet 2009
Super-doc
Depuis jeudi, c'est le rôle du médecin généraliste de prendre en charge les suspicions de grippe A. Plus besoin de faire le 15 ni de courir dans le service d'urgences le plus proche, il suffit juste désormais de prendre rendez-vous chez son médecin traitant.
A voir cependant... les idées de "salle d'attente dédiée aux suspicions de sujet contact", ou alors la disposition du matériel en quantité nécessaire en cabinet, et aussi les problèmes d'informations des médecins concernés... ici.
Lire aussi la lettre de Mme la ministre ici.
Les médecins traitants sont donc maintenant les premiers face à ce début de pandémie mondiale. L'hiver sera rude pour les super-docs...
30 juin 2009
Géronto-neuro-psychiatrie
Mes patients me passionnent en ce moment.
Des vieux.
Des déments.
Des AVC.
Des fous.
Des agités et/ou violents.
Des psychotiques en décompensation.
Des pots de colle.
Des relous...
Motivé, vous avez dit motivé ??
....
Mais j'aime bien les vieux. Ils sont attachants, même le plus dément des déments, ou le plus acariâtre. Ils ont un côté dépendant qui me touche.
C'est juste que je crois avoir besoin de vacances...
La semaine prochaine, je change de côté donc je vais voir autre chose ! Un peu plus de rhumato, ça va être bien.
Une petite voix intérieure ne cesse de me souffler : "vivement le prat'..."
30 mars 2009
Choix de stage, deuxième partie
Aujourd'hui, moment très stressant et très angoissant pour tout étudiant en médecine, qu'il soit externe ou interne : le fameux choix de stage hospitalier.
Déjà, pour mes stages d'externat, j'arrivais à me ronger les sangs sur mon futur terrain professionnel, alors que j'étais loin de jouer ma vie et mon avenir... Et pourtant, j'ai réussi à avoir toujours ce qui m'intéressait, ou presque toujours.
Pour mon premier stage, je suis ravie et ne regrette absolument pas mon choix. Évidemment, avant de choisir, j'étais super angoissée, alors que j'avais préparé une liste infinie de stages par ordre de préférence !
Aucun regret pour mon stage d'urgence.
Et me revoici aujourd'hui, sortant d'une garde atroce où je n'ai pas fermé l'oeil une minute, pour de nouveau aller m'enfermer dans les sous-sols de la DRASS pour choisir mon deuxième semestre.
Rien qu'à entrer dans la salle, on sent une tension indescriptible, comme si chacun jouait sa vie lors de ce choix.
En même temps, on pensait avoir plus de choix, ou du moins, plus de postes dans certains stages. Les semestres avant nous ont choisi probablement les stages les plus intéressants, et nous, jeunes semestres tout neufs et tout stressés, nous prions pour que ceux classés avant nous choisissent un terrain de stage à l'autre bout de l'île de France...
D'ailleurs, j'ai été étonnée et agréablement surprise de constater que ce ne sont pas toujours les stages de Paris intra-muros qui partent en premier. Pour ma part, chacun connaît mon avis, depuis que j'ai goûté aux hopîtaux périphériques !
C'est un moment particulier de nos études, ce choix de stage. C'est comme une gigantesque loterie, un immense loto, où chacun note fébrilement sur ses cahiers le stage qui vient d'être choisi.
On barre les stages où tout a été pris, on diminue les postes dans les autres stages, et surtout, on continue de prier irrationnellement pour celui qu'on vise comme le messie soit boudé par l'ensemble de nos collègues.
C'est étrange, parce que dans 90% des cas, les gens sont heureux de leur stage. J'ai toujours été convaincue qu'une évaluation de stage ne dépend que des étudiants qui y ont été, et que c'est nous en y allant, qui fabriquons nous-mêmes l'ambiance et le sentiment d'être bien dans ce stage. Il suffit d'un zeste de motivation, agrémenté de bonne humeur et saupoudré de bonne volonté...
Un loterie qui décide un peu de nos avenirs, de nos vies. Certes, les stages se valent à quelques détails près, mais je me plais à croire qu'une rencontre dans un stage peut encore bouleverser nos jeunes carrières. Un gériatre passionné par ses patients, un infectiologue amoureux de ses microbes, un urgentiste toujours d'attaque, un nutritionniste motivé...
J'ai la chance d'avoir une panoplie de spécialisations devant moi, et je dois avouer que certains jours, je me pose sérieusement la question de compléter ma formation de généraliste afin de faire plusieurs carrières dans ma vie.
Bien-sûr, mon premier amour vers lequel je reviendrai éternellement est la médecine ambulatoire, en cabinet. Mais pourquoi ne pas vivre plusieurs vies ? Quelques années urgentiste ? Ou alors ajouter un peu d'infectieux à mon bagage médical ? Ou plein de choses encore...
C'est finalement un pari de choisir tel ou tel stage. Cet instant à la fois redouté et tant attendu nous permet de partir à la découverte d'un nouvel hôpital, de nouvelles équipes, de nouvelles pratiques médicales, et pourquoi pas, d'un nouvel avenir.
Le stress est ainsi de mise !
Je croise les doigts...
08 janvier 2009
Dépendance
Aujourd'hui, encore un cours à la fac, concernant la prévention de la dépendance chez les personnes âgées. Sujet entièrement d'actualité, et dans lequel le généraliste joue un rôle-clé.
J'étais perdue dans mes pensées durant le cours, m'imaginant dans quelques années, quand ce sera mon tour de faire de la prévention...
Je ne dois pas encore réaliser la tâche entière du médecin généraliste.
Je n'y ai été que très peu sensibilisée pendant mon cursus, et je n'ai passé qu'une journée chez le praticien.
Ma vision de mon futur métier se cantonne aux missions que j'envoie aux médecins traitants des patients que j'ai vus à l'hôpital.
J'aime bien remettre un courrier ou un compte-rendu de leur passage aux urgences, pour leur médecin, afin que celui-ci soit tenu au courant de l'évènement aigu survenu chez leur patient. En effet, certains malades ne comprennent pas toujours exactement leur diagnostic, le traitement qu'on leur a administré et la suite qu'il faut prévoir. Alors, imaginons quelques secondes le regard inexpressif dudit patient lorsque son médecin lui demande pourquoi il est allé aux urgences...
Evidemment, la bobologie pure et dure ne nécessite pas toujours un courrier de renvoi auprès du médecin traitant, ce sont les maladies chroniques déséquilibrées, ou encore des patients fragiles qu'il faut surveiller de près.
Le rôle du généraliste pour l'instant, vu par mes yeux, est d'abord le suivi.
Viennent ensuite l'éducation et l'information (ou la formation ?), qui à mon sens, prennent beaucoup de temps et nécessitent sûrement plus d'une consultation. Le patient peut être sensibilisé à sa maladie lors de son séjour à l'hôpital, mais il est rare qu'il comprenne tout d'une traite, alors que nous, médecins, mettons des années à tout ingurgiter. Il serait injuste de demander aux patients de tout comprendre en vingt minutes.
Alors, forcément, celui qui récupère tout comme ça, limite dans un bordel monstre, c'est le gentil généraliste.
Qui se tape des diabétiques, des hypertendus ou autres chroniques au début de leur maladie, qui n'ont pas encore saisi la chronicité et la morbidité de leur pathologie, et qui déboulent en consultation affolés, parce que le médecin de l'hôpital il a dit qu'il fallait un scanner et pourquoi un scanner d'abord, je comprends rien docteur...
Qui se tape des suites de lumbago difficiles à prendre en charge, tant sur le plan de la douleur que du retentissement psycho-social.
Qui se tape des personnes âgées à gérer, pour prévenir la dépendance. Concrètement ? Genre le gentil généraliste il a le temps d'évaluer l'état nutritionnel par un MNA, d'évaluer les fonctions cognitives avec un MMS, d'évaluer l'équilibre avec un "get up and go test", d'évaluer le degré d'autonomie avec la grille AGGIR... et tout ça le temps d'une consultation. Si le petit vieux ou la petite vieille peut se déplacer, sinon c'est une simple visite à domicile...
On apprend depuis tout petit docteur à travailler en équipe, à compter sur les différents services de l'hôpital, l'ensemble des spécialistes, et même les labos de biochimie, biologie et compagnie.
La réalité, pour la moitié d'entre nous, est toute autre.
Un travail différent, une pratique différente, où on se retrouve soudainement plongé dans l'exercice de ville, avec des moyens différents parce que non disponibles comme à l'hôpital.
On se retrouve seul avec nos petits bras à s'occuper de tout : des suites d'hospitalisation, du suivi, de l'éducation, de l'information, de la prévention, de la psychologie de soutien...
Seul.
Heureusement, il y a des réseaux. Pour l'instant, je ne peux développer l'idée, car je n'ai pas encore fait mon stage chez le praticien, donc c'est encore un mystère de mon futur job à creuser.
Après, il y a des centres de soins, où le patient peut trouver des médecins et plusieurs paramédicaux au même endroit.
Après... je sèche. J'en saurais plus dans quelques mois, mais cette espèce d'ombre floue sur mon avenir me pèse parfois. J'aimerais connaître déjà la plupart des facettes de mon métier, et cesser d'en découvrir à chaque coin de rue.
Développons l'enseignement en libéral, les stages chez le praticien qui naissent ici et là, et surtout, n'arrêtons pas...
Quoi qu'il en soit, un généraliste est comme tous les autres docteurs : dépendant des autres pour bien faire son travail et s'occuper correctement de ses patients.
Développons les réseaux, et tout ce qui va avec, pour ne pas laisser de jeunes généralistes débutants seuls au monde...
18 décembre 2008
Besoin de vous...
J'ai eu ma première session de tutorat à la fac hier, et il s'agissait d'un premier enseignement expérimental. C'est en effet l'année où ma fac essaie de se calquer sur une autre, qui ne propose plus aucun cours à ses étudiants, mais ce genre de réunion tutorée, où tous les participants discutent et débatent autour d'un cas clinique donné.
Le concept est nouveau pour nos professeurs, et assez intéressant pour les étudiants. Au moins, il a la qualité de changer des cours habituels avec étudiants assis, écoutant palabrer pendant 2h un vieux professeur qui rabâche le même savoir depuis des années.
Chacun d'entre nous devait ramener ses notes concernant une situation qui nous a posé problème. Il fallait pouvoir raconter une histoire de patient dans toutes ses composantes, qu'elles soient médicale, sociale, éthique...
On a tous présenté brièvement notre cas, et ensuite nous avons discuté pour en approfondir un seul.
Celui qui a remporté la victoire concerne une jeune femme de 20 ans, présentant un handicap mental sévère,un diabète de type 1, chez laquelle on vient de diagnostiquer une grossesse.
Alors, évidemment, un milliard de questions et de problèmes sont soulevés par ce cas clinique.
Nous avons discuté plus d'une heure, en essayant de dégager le plus d'interrogations possibles, sur le maximum de domaines.
Chaque étudiant est reparti avec une question à traiter pour la prochaine session.
Mon post n'est pas désintéressé... J'en appelle à votre aide pour trouver des références, des infos sur le net ou ailleurs concernant ma question.
Je dois traiter de la déclaration du handicap faite par le généraliste, avec les questionnaires à connaître, les cheminements nécessaires afin que le patient touche les bonnes aides.
Je dois également faire une simulation de déclaration pour la patiente dont nous avons parlé durant notre séance.
Donc, si vous connaissez des sites internet ou des assistantes sociales du tonnerre, ou encore des généralistes super pro de ce genre de déclarations, je suis preneuse !
Je suis contente d'être tombée sur ce genre de questions, parce qu'elle me servira dans ma pratique future. Je ne me sentirais pas dépassée lorsque le patient me tendra les questionnaires à remplir, et je saurais cocher les bonnes cases afin qu'il bénéficie des aides adéquates.
Comme quoi, j'en apprendrai tous les jours pendant encore longtemps...
17 décembre 2008
Ô joie
Patient de 55 ans, bon vivant, diabétique, qui vient aux urgences sur les conseils de son médecin traitant. C'est une jeune remplaçante qui l'a reçu, il ne l'avait jamais vue.
Je lis son courrier : diabétique, hypertendu, il présente depuis dimanche une paralysie faciale gauche, et elle préfère l'adresser aux urgences parce qu'elle a un doute sur une paralysie concomittante d'un autre nerf crânien.
Effectivement, au premier coup d'oeil, le visage du monsieur est complètement déformé, avec une attraction de la commissure labiale, un effacement du pli nasogénien, le signe des cils de Souques... tout ce qu'on apprend bêtement dans les bouquins.
Mais du côté droit.
Sentiment inavouable de fierté qui m'envahit gentiment.
Je suis nouvelle sur le marché, j'ai encore mes cours imprimés fraîchement dans mon esprit, mais il n'empêche...
Et, pour continuer d'enfoncer la pauvre généraliste, le patient ne présentait pas de paralysie du XII... surtout qu'elle voulait sans doute parler du IX avec le réflexe nauséeux...
(Désolée pour les non-médecins, il s'agit de nerfs crâniens qui s'occupent de plein de choses dans la tête !)
