Une petite routine qui s'installe. Une pause dans le planning de gardes, et j'avoue que ça fait du bien ! C'est plutôt dû à un défaut d'organisation personnelle : 3 gardes en 1 semaine, et je passe à une semaine entière sans garde, allez comprendre pourquoi...

    Lors de ma dernière garde, je me suis (presque) mis ma chef à dos, parce que j'ai délibérément abandonné les urgences pédiatriques de 17h à 18h - oui je sais, la bonne heure quoi...
J'ai un "grand" enfant de 17 ans - la pédiatrie va désormais jusqu'à 18 ans révolus... - qui consulte pour douleur thoracique. Il a un antécédent de pneumothorax drainé le mois dernier, idiopathique.
Récidive ?
Récidive.
Une magnifique radio de pneumothorax comme j'en ai rarement vue chez les adultes. Même moi qui suis nulle en lecture de radio pulmonaire, j'ai vu que ça crevait les yeux. Il y avait une ligne bordante qui remontait jusqu'à l'apex du poumon, donc une indication à drainer.
Je reste dubitative en me demandant comment je prends ça en charge, moi, seule aux urgences pédiatriques. Je commence à avoir l'habitude des crevettes, et là je suis face à un "grand", enfin un adulte quoi !
Le senior des urgences médicales vient à ma rescousse, car normalement c'est lui qui gère le cas des ado-adultes. Et il me propose de poser le drain.

    Nous voici donc arrivés en déchoc, avec mon grand qui essaie de rester impassible, mais qui tremble un peu quand même.
J'ai téléphoné à ma chef pour lui dire que je prenais une petite pause pédagogique pour apprendre à poser un drain thoracique, et la réponse fut claire : "bah tu gèreras les urgences pédiatriques après". Mmh ok, moi qui espérais un peu d'aide... non en fait.
Tant pis ! Je n'ai jamais posé de drain, c'est l'occasion ! Et tant pis si mes joyeux Gremlins se multiplient à l'accueil, je les verrais un peu en retard...

    Donc nous voici en déchoc pour la pose de drain thoracique. Le senior des urgences médicales est un amour, il m'assiste et m'explique chaque geste.
C'est tout bonnement du bonheur.
Se laver les mains comme à l'époque du bloc - beaucoup de souvenirs qu'il faudrait que je raconte, un jour, quand j'aurai le temps... -, puis l'habillage, et puis c'est parti ! Me voici apprentie chirurgienne, habillée en stérile comme cela fait longtemps que je ne l'avais pas été.
Chaque geste est dicté à l'avance, réalisé lentement et timidement, puis je prends un peu plus d'assurance. Percer la plèvre, c'est assez impressionnant !
Drain en place, aspiration en place, et radio de contrôle.
Patient géré !
Interne ravie d'avoir réalisé un geste assez spécifique, mais je l'aurai fait au moins une fois dans ma jeune carrière.

    Je suis revenue aux urgences, qui évidemment s'étaient bien remplies durant mon heure d'absence, mais j'avais la banane. J'avais appréhendé le geste, même si je savais que j'étais entourée et que je pouvais passer la main si besoin, mais tout de même. Cela fait bien longtemps que je n'avais pas réalisé un geste déguisée en chirurgienne !

    Et pour enchaîner sur la même idée, j'ai réalisé ma première ponction lombaire chez une petite de 1 jour... assez traumatisant comme expérience, même si je l'ai réussie !
;)