24 octobre 2009
Je t'aime moi non plus
Un stage de six mois, c'est à la fois long et rapide.
Long, parce que si on ne s'entend pas avec ses collègues, ou si l'ambiance est pesante dans le service, ou encore si la quantité de travail paraît insurmontable, ou etc... - eh bien la libération prévue six mois plus tard nous semble très lointaine.
Rapide, parce qu'en même temps, on s'habitue, on prend ses aises petit à petit, on prend aussi ses marques et on fait contre mauvaise fortune bon coeur. Après tout, on est là pour six longs mois, autant que tout se passe bien ! Et tout commence avec un soupçon de bonne volonté.
C'est assez original côté professionnel. Peu de formations permettent des stages de six mois comme les nôtres, obligatoires et s'enchaînant inlassablement jusqu'à la fin de notre internat.
Un ingénieur fait rarement un stage de six mois, c'est plutôt un an voire plus si affinités...
C'est tout de même bien comme système, parce qu'il nous permet de "visiter" différents hôpitaux, de connaître différentes équipes, parfois différentes manières de faire, et je trouve que s'adapter au sein de chaque stage est finalement très enrichissant pour chacun d'entre nous.
Je trouve à chaque fois que c'est difficile de tout recommencer à zéro : personne ne me connaît, il faudra une fois de plus prendre patience, me présenter, et aussi faire mes preuves.
Même si je grandis dans mon internat, et que je deviens 3e semestre, je vais arriver morte de trouille le premier jour. Le coeur qui bat sourdement dans ma poitrine, la voix un brin chevrotante, les doigts qui tremblent juste un peu... tout cela mêlé à de l'excitation de découvrir mon nouveau terrain de jeu pour les six mois suivants.
Repérer les lieux, ne pas me paumer lors de ma première garde, me présenter à l'équipe paramédicale, me souvenir de tous les prénoms (et ce n'est pas une mince affaire...), faire mes preuves et en même temps savoir quand appeler mes chefs... et apprendre, sans cesse apprendre mon nouveau métier.
Et ce qui m'interpelle le plus en ce moment : les collègues.
Une relation très particulière.
Les co-internes.
Six mois à se voir tous les jours, à devenir proches, potes, parfois amis.
Ou alors six mois à devoir se supporter cordialement, alors que le courant ne passe pas.
Ce qui pose problème, c'est quand on ne peut pas se voir. Situation très cocasse, parce qu'on ne peut pas casser du sucre sur le dos de ses collègues, on est tout de même dans le même bateau, et malheureusement un minimum de soutien est nécessaire. Même si on ne peut pas se blairer.
Le statut de l'interne est assez bancal, tout se joue sur une majorité d'exploitation, mais avec le sourire. Tout le monde est passé par là, pourquoi changer le cercle vicieux ?
On doit pouvoir se soutenir, se serrer les coudes face à l'emploi du temps, à la charge de travail, aux équipes paramédicales anti-interne (si si, ça existe, même si c'est rare, heureusement !), aux chefs parfois absents et peu pédagogues...
Relation basée sur le faux-cu-ïsme avant tout. Manipulation, sourire par devant et doigt d'honneur par derrière...
Genre on est les meilleurs potes du monde pendant six mois, et dès le dernier jour achevé, on s'oublie mutuellement.
Mais heureusement, il y a des belles rencontres, des amitiés toutes neuves qui durent. Heureusement.
Au revoir, 2e stage d'internat.
Au revoir, 1ère année d'internat.
Putain, comme le temps passe vite.
30 juin 2009
Géronto-neuro-psychiatrie
Mes patients me passionnent en ce moment.
Des vieux.
Des déments.
Des AVC.
Des fous.
Des agités et/ou violents.
Des psychotiques en décompensation.
Des pots de colle.
Des relous...
Motivé, vous avez dit motivé ??
....
Mais j'aime bien les vieux. Ils sont attachants, même le plus dément des déments, ou le plus acariâtre. Ils ont un côté dépendant qui me touche.
C'est juste que je crois avoir besoin de vacances...
La semaine prochaine, je change de côté donc je vais voir autre chose ! Un peu plus de rhumato, ça va être bien.
Une petite voix intérieure ne cesse de me souffler : "vivement le prat'..."
03 mai 2009
Une page se tourne...
... et une nouvelle débute demain !
Je suis très triste de quitter mon premier service, là où j'ai fait mes débuts d'interne. Et en même temps, je suis impatiente de découvrir une nouvelle équipe, une nouvelle façon de faire, un autre rythme, des nouveaux patients...
Un retour aux sources. Un nouveau début, une nouvelle page qui s'ouvre devant moi, vierge, et qui ne demande qu'à être remplie jour après jour.
Il faudra s'acclimater au service, gagner la confiance et la sympathie de l'ensemble de l'équipe médicale et paramédicale, découvrir les habitudes et les protocoles...
Tout refaire. Et ce sera la même chose tous les 6 mois. Un "reset" semestriel. Repartir du début à chaque fois, réussir à tout se mettre dans la poche, patients comme collègues.
J'ai fini aux urgences vendredi matin. Ma dernière garde... très bon souvenir. Super ambiance avec l'équipe, avec laquelle on avait prévu une bouffe. Un pur moment de franche rigolade, au milieu des patients qui se demandaient pourquoi on n'arrêtait pas de se faire doucher... C'est sûr qu'un couloir d'urgence n'est pas un lieu approprié pour des jeux de cour de récréation !
Et ce soir... plusieurs sentiments se mélangent. J'essaie de faire bonne figure, mais honnêtement je suis morte de flip. J'ai hâte aussi, je suis sûre que tout se passera bien mais... ça ne m'empêche pas d'appréhender fortement ce premier contact.
Que des nouvelles têtes, un nouvel environnement... et moi, qui arrive timidement avec mon minuscule bagage de 6 mois.
Tout le monde m'assure que mes gardes se passeront super bien, étant donné qu'après 6 mois aux urgences, je suis rôdée.
Mmmh oui, mais non. Je ne me sens absolument pas "rôdée", je me sens aussi nulle qu'au début. En fait, j'en sais rien.
Trop de sentiments qui s'entrechoquent dans ma petite tête...
Un bon gros dodo s'impose pour avoir les idées claires demain.
On verra bien.
Une nouvelle page s'ouvre devant moi...
17 avril 2009
Snif, ça sent la fin...
Plus que 2 semaines et j'aurais validé mon premier semestre.
Plus que 2 semaines et je quitterais ce stage... où j'ai fait mon petit nid douillet dans lequel je me suis tranquillement installée, et que je vais devoir abandonner pour en former un nouveau dans un nouveau service, avec une nouvelle équipe, une nouvelle ambiance...
Tout est à refaire, tout est à reconquérir.
C'est marrant comme challenge, mais flippant.
Et j'ai pas envie de quitter cette ambiance et cette équipe à laquelle je me suis finalement tant attachée.
Mais... ça sent la fin.
Evaluation par le chef de service.
Ce point-là annonce définitivement la fin du stage.
Des points positifs de sa part, et des points positifs de ma part. Très peu de choses à redire, même s'il y a sûrement des détails à changer afin que tout fonctionne parfaitement.
De mon regard à moi, je ne trouve que quelques infimes minuscules points à revoir.
Il me félicite, et me lit l'évaluation faite par mes chefs.
C'est sympa, et ça me fait chaud au coeur. Je me dis que tout a été réciproque, on a tous apprécié travailler avec les uns et les autres.
Un mot revient souvent dans les commentaires de mes chefs : "souriante". C'est con, mais ça me fait plaisir. C'est toujours plus sympa de bosser dans une ambiance détendue. En tout cas, moi j'aime bien.
Je sors ce matin-même d'une garde... comment dire... assez calme point de vue patient, mais très agitée point de vue personnel des urgences.
C'était la dernière garde de mon co-interne, et les infirmières ont monté un complot contre nous. Vol de matelas, bataille de serum phy dans toutes les urgences...
On a bien rigolé. Pas trop dormi, mais en tout cas bien rigolé.
C'était très cool, bonne ambiance et bonne humeur.
Snif...
30 mars 2009
Choix de stage, deuxième partie
Aujourd'hui, moment très stressant et très angoissant pour tout étudiant en médecine, qu'il soit externe ou interne : le fameux choix de stage hospitalier.
Déjà, pour mes stages d'externat, j'arrivais à me ronger les sangs sur mon futur terrain professionnel, alors que j'étais loin de jouer ma vie et mon avenir... Et pourtant, j'ai réussi à avoir toujours ce qui m'intéressait, ou presque toujours.
Pour mon premier stage, je suis ravie et ne regrette absolument pas mon choix. Évidemment, avant de choisir, j'étais super angoissée, alors que j'avais préparé une liste infinie de stages par ordre de préférence !
Aucun regret pour mon stage d'urgence.
Et me revoici aujourd'hui, sortant d'une garde atroce où je n'ai pas fermé l'oeil une minute, pour de nouveau aller m'enfermer dans les sous-sols de la DRASS pour choisir mon deuxième semestre.
Rien qu'à entrer dans la salle, on sent une tension indescriptible, comme si chacun jouait sa vie lors de ce choix.
En même temps, on pensait avoir plus de choix, ou du moins, plus de postes dans certains stages. Les semestres avant nous ont choisi probablement les stages les plus intéressants, et nous, jeunes semestres tout neufs et tout stressés, nous prions pour que ceux classés avant nous choisissent un terrain de stage à l'autre bout de l'île de France...
D'ailleurs, j'ai été étonnée et agréablement surprise de constater que ce ne sont pas toujours les stages de Paris intra-muros qui partent en premier. Pour ma part, chacun connaît mon avis, depuis que j'ai goûté aux hopîtaux périphériques !
C'est un moment particulier de nos études, ce choix de stage. C'est comme une gigantesque loterie, un immense loto, où chacun note fébrilement sur ses cahiers le stage qui vient d'être choisi.
On barre les stages où tout a été pris, on diminue les postes dans les autres stages, et surtout, on continue de prier irrationnellement pour celui qu'on vise comme le messie soit boudé par l'ensemble de nos collègues.
C'est étrange, parce que dans 90% des cas, les gens sont heureux de leur stage. J'ai toujours été convaincue qu'une évaluation de stage ne dépend que des étudiants qui y ont été, et que c'est nous en y allant, qui fabriquons nous-mêmes l'ambiance et le sentiment d'être bien dans ce stage. Il suffit d'un zeste de motivation, agrémenté de bonne humeur et saupoudré de bonne volonté...
Un loterie qui décide un peu de nos avenirs, de nos vies. Certes, les stages se valent à quelques détails près, mais je me plais à croire qu'une rencontre dans un stage peut encore bouleverser nos jeunes carrières. Un gériatre passionné par ses patients, un infectiologue amoureux de ses microbes, un urgentiste toujours d'attaque, un nutritionniste motivé...
J'ai la chance d'avoir une panoplie de spécialisations devant moi, et je dois avouer que certains jours, je me pose sérieusement la question de compléter ma formation de généraliste afin de faire plusieurs carrières dans ma vie.
Bien-sûr, mon premier amour vers lequel je reviendrai éternellement est la médecine ambulatoire, en cabinet. Mais pourquoi ne pas vivre plusieurs vies ? Quelques années urgentiste ? Ou alors ajouter un peu d'infectieux à mon bagage médical ? Ou plein de choses encore...
C'est finalement un pari de choisir tel ou tel stage. Cet instant à la fois redouté et tant attendu nous permet de partir à la découverte d'un nouvel hôpital, de nouvelles équipes, de nouvelles pratiques médicales, et pourquoi pas, d'un nouvel avenir.
Le stress est ainsi de mise !
Je croise les doigts...
17 octobre 2008
Choix de stage
Hier commençaient les choix de stage pour les premiers semestres en médecine générale à Paris.
Lieu : la DRASS d'Île de France, paumée dans le nord du 19e.
Plus exactement, dans une salle au sous-sol.
Organisation : assez bordélique !
Comme toutes nos démarches depuis le début, d'ailleurs.
Il s'agit d'une salle remplie de tables et de chaises, avec toutes les actualités affichées au mur : la liste d'appel, en vérifiant que notre nom est bien inscrit ; et ensuite tous les postes restants dans les différents stages.
Autant avoir une très bonne vue ! Les postes déjà pris sont surlignés, et les restants sont encore vierges.
Une fois le principe compris, on attend patiemment que notre nom soit appelé, pour passer dans la salle d'à côté annoncer notre choix définitif.
Il reste essentiellement des postes dans des services d'urgence pour les premiers semestres, les autres stages validant la maquette du DES sont pour la plupart déjà pourvus par les internes plus gradés que nous.
Et tant qu'à être originale, j'ai pris moi aussi un stage d'urgence ! Plus précisément urgences-SMUR, qui a fait pencher nettement la balance.
Je suis super contente, c'est le stage que je visais, et je l'ai eu ! J'avais pris toutes mes informations sur les divers stages qui m'intéressaient en appelant les internes directement. Ils étaient tous ravis de leur expérience, et relevaient seulement quelques détails négatifs.
Dans l'ensemble, tous les stages se valent, surtout au niveau de la formation, de l'encadrement par les seniors du service, du recrutement et des pathologies variées... Après, c'est un choix plus personnel, qui prend en compte la distance par rapport au domicile, les préférences, les rumeurs qui courent sur tel ou tel hôpital...
Gros électrochoc en perspective ! Je me lance aveuglément dans le bain, et pour une reprise, elle va être musclée !
Vivement début novembre, que je me remette enfin à fond dans la médecine, parce que mine de rien, ça me manque... ça fait 2 mois que je suis rentrée du Sénégal, j'en ai vraiment bien profité, et maintenant j'ai qu'une hâte : bosser !!!
A suivre, mes aventures mouvementées aux urgences-SMUR en banlieue parisienne...
15 octobre 2008
Stresssss...
Demain choix des stages.....
Je peux même pas réfléchir à tête reposée ce soir, parce qu'il y a encore la fin des 2e année qui choisissent demain matin !! Résultat, il faut que j'y aille dès le matin pour voir les postes qui resteront pour mon choix de l'après-midi...
Croisons les doigts pour que j'ai un super bon stage de la mort qui tue ! Y'a pas de raison, tous les internes que j'ai réussi à joindre au téléphone sont tous hyper ravis de leur stage.
Je crois qu'arrivé à l'internat, où qu'on soit en France, et quelle que soit la spécialité choisie, on sera heureux de toute façon. On avance dans notre cursus, dans nos vies, et on fait le métier qu'on aime, qu'importe sa forme.
Moment fatidique tout de même, j'ai envie d'en profiter un max, et c'est toujours plus facile et plus simple dans un stage qu'on a choisi par envie et non par défaut. Un stage qui suit un choix logique et personnel, qui correspond à nos critères à nous, bien définis par ailleurs.
RDV demain pour le fameux moment de vérité... mon premier stage d'interne... (petite larme d'émotion ;) )
05 octobre 2008
Petit plaisir...
Hier j'ai eu un mail de la part d'une D2 de ma fac qui est en quête d'information pour préparer son voyage d'été prochain dans un pays étranger, de préférence en Afrique Noire.
Je dois dire que ça m'a fait bien plaisir, parce que j'ai vraiment envie de faire profiter l'expérience que j'ai eue cette année en allant passer 2 mois 1/2 au Sénégal.
Envie d'en parler pendant des heures...
Envie que d'autres après moi aient la chance inouïe de s'ouvrir à une autre pratique de la médecine, dans un contexte socio-économique et environnemental complètement différent.
Envie que d'autres découvrent une autre façon de faire, et par la même occasion se découvrent un peu plus eux-mêmes.
C'est l'un des messages que j'ai envie de faire circuler le plus possible, parce que c'est une étape qui devrait même être obligatoire pour tout étudiant en médecine !
Après, les choix personnels feront préférer l'Afrique, l'Asie, les Etats-Unis, l'Australie... que sais-je encore ! Du moment que chaque étudiant puisse avoir cette opportunité de partir, c'est vraiment que du bonus.
Je me répète, mais si quelqu'un a un jour le projet d'aller au Sénégal, surtout il ne faut pas hésiter à venir me demander mon avis... et mes contacts aussi.
Que du bonus...
19 septembre 2008
Quel stage choisir ?
Et maintenant, l'heure de réflexion commence... quel stage choisir en octobre ??
Je commence à éplucher tranquillement les sites d'évaluation des stages pour les IMG (internes de médecine générale), et si vous avez des bons plans, n'hésitez pas à m'en faire profiter !
Je pense que je vais commencer par un stage d'urgences adultes, plus ou moins couplé avec de la réa, histoire de me réconcilier avec... Je n'ai pas un très très bon souvenir de mon stage de réa effectué durant mon externat !
Et puis j'aimerais aussi débuter dans un hôpital de périph, histoire de me faire une expérience différente des CHU, et de gagner en autonomie et confiance en moi (ya du boulot).
Je cherche, je cherche...

